Révision

La plupart des articles (traductions exceptées) ont été révisés au cours de l'automne 2014, d'où certains anachronismes au regard de la date de publication.

mercredi 4 mai 2011

"Les Âges de la vie" de Caspar Friedrich. Comment aborder certaines notions littéraire par le biais de la peinture.

Les dernières instruction officielles qui invitent finalement toutes les disciplines à prendre en charge l'enseignement de l'histoire des arts nous ont amené à repenser le rapport de nos matières aux arts. Pour le français, c'est chose simple, pourrait-on penser : étudier un sonnet de Du Bellay, c'est déjà faire de l'histoire des arts. On peut aller plus loin : montrer comment les caractéristique d'un mouvement littéraire trouvent un écho dans le champ de la peinture, se servir des outils de la rhétorique pour analyser un tableau qui peut conjuguer métaphore, allégorie ou métonymie. Les registres sont aussi des catégories transversales et le lyrisme s'avère aussi bien  musical que pictural ou poétique, un tableau épique peut très bien susciter les mêmes échos qu'un poème parnassien...
Cet article publié dans le n° 4-5 de la revue l'Ecole des lettres en février 2011 avait pour vocation de manifester ces correspondances en prenant appui sur Les Âges de la vie, oeuvre de Caspar Friedrich.


lundi 2 mai 2011

Vous croyez qu'il a pensé à tout ça ?

"Vous croyez qu'il a pensé à tout ça, Baudelaire?" - en quatrième ce sont souvent mes commentaires de Charlotte Brontë qui suscitent la question. J'aime cette question. Parce que je me la suis posée et que je l'ai posée. Et qu'elle traduit souvent un profond scepticisme, derrière cette question, il faut en réalité entendre : "Vous êtes sur que ça sert à quelque chose toutes ces explications?"
Mais personne (en ce qui me concerne) n'y a jamais répondu de façon satisfaisante.
Et je ne suis pas certain de faire mieux. Mais essayons.
- Oui il (elle) y a pensé!
Scepticisme encore plus grand...
- Baudelaire, Charlotte Brontë était des génies!
- Et alors?
- Et bien je pense qu'en écrivant l'Albatros, Baudelaire ne s'est pas dit "Tiens je vais mettre une métonymie ici! Ou "je vais faire de supers antithèses sur des rythmes binaires!" Non il a écrit et réécrit son poème. Il l'a lu, il n'en était pas forcément content, alors il l'a repris, il l'a retravaillé et il y a eu un moment où il s'est dit "Ca y est! J'y suis". Est-ce qu'il savait pourquoi son poème était bon? Est-ce que Charlotte Brontë savait pourquoi sa scène de rencontre était extraordinaire? Ca je n'en suis pas sûr. Mais, à la limite, ça, ce n'était pas leur travail, c'est le notre. Nous, on cherche à savoir pourquoi l'Albatros et Jane Eyre ont résisté au temps, pourquoi on les étudie toujours. Et l'une des raisons, elle est là : dans le fait que l'artiste à utilisé tout un ensemble de moyens particulièrement efficaces (des métonymies, des symboles, des rythmes binaires...) mais il l'a fait de façon intuitive. C'est ça l'inconscient créateur, il pense à tout mais de façon subliminale et il produit des oeuvres extraordinaires qu'on ne cesse et qu'on ne cessera jamais de (re)découvrir. Donc, pour répondre à la question, oui, il (elle) a pensé à tout ça, mais il ne s'en est pas forcément rendu compte.

Illustration de F.H. Townsend pour la scène de rencontre de Jane Eyre

dimanche 1 mai 2011

"Les Âges de la vie" de Caspar Friedrich

"Les Âges de la vie" de Caspar Friedrich, 12 p., L'école des lettres n° 4-5, 2010-2011.

Comment aborder certaines notions littéraires par le détour de la peinture en 4e.

Le tableau de Caspar Friedrich sert de fil conducteur à une réflexion sur différents aspects de la littérature (histoire, techniques, registres...)

1/ Le romantisme
Comparaison entre les Âges de la vie de Caspar Friedrich et Port de mer au soleil couchant de Le Lorrain.
Prolongement : comparaison entre un sonnet de Malherbe et "Lucie" de Musset.

2/ La Métaphore et l'allégorie
Analyse de la dimension allégorique du tableau dans la tradition de Baldung.
Prolongement : Analyse du Voyage de Florian.

3/ Le lyrisme
Redéfinition de la notion en tenant compte des travaux de J.M. Maulpoix.
Prolongement : suggestions diverses à partir de Ronsard, Baudelaire...