Révision

La plupart des articles (traductions exceptées) ont été révisés au cours de l'automne 2014, d'où certains anachronismes au regard de la date de publication.

lundi 31 juillet 2017

Emily Brontë, cent quatre vingt dix neuvième anniversaire de sa naissance


Portrait d'Emily Brontë, en haut, à droite, Nero, le faucon, en bas, Keeper, le chien d'Emily.

30 July 1841, Emily's 23rd birthday, and she writes her diary paper:
A Paper to be opened
when Anne is
25 years old
or my next birthday after -
if
- all be well -
It is Friday evening - near 9 o'clock - wild rainy weather I am seated in the dining room alone - having just concluded tidying our desk-boxes - writing this document - Papa is in the parlour. Aunt up stairs in her room - she has been reading Blackwood's Magazine to papa - Victoria and Adelaide are ensconced in the peat-house - Keeper is in the kitchen - Nero in his cage - We are all stout and hearty as I hope is the case with Charlotte, Branwell, and Anne [who were all working away from home]...
A scheme is at present in agitation for setting up in a school of our own ... I guess that at the time appointed for the opening of this paper - we (i.e.) Charlotte, Anne and I - shall be all merrily seated in our own sitting-room in some pleasant and flourishing seminary having just gathered in for the midsummer holydays ... it will be a fine warm summery evening. very different from this bleak look-out ...



30 Juillet 1841, vingt-troisième anniversaire d’Emily, et elle écrit son « journal » :

Un document à ouvrir 
quand Anne aura vint-cinq ans
le jour de mon anniversaire - si tout va bien -

Un projet visant à ouvrir notre propre école est actuellement à l’étude. Je suppose qu’au moment d’ouvrir ce papier, après le délai fixé, nous (c'est-à-dire Anne, Charlotte et moi) serons toutes heureuses, récemment réunies dans le salon de notre nouvelle et florissante école, profitant des vacances au milieu de l’été. Ce sera une belle soirée d’été, bien différente de cette morne journée.


Il 9h00 ce vendredi soir – temps pluvieux et agité. Je suis seule, assise dans la salle à manger où je viens de ranger nos pupitres, en train d’écrire ce journal. Papa est au salon. Tante, en haut, dans sa chambre, elle a lu le Blacwood’s Magazine à papa. Victoria et Adelaïde sont nichés dans la remise à tourbe. Keeper est dans la cuisine et Nero dans sa cage. Nous sommes tous robustes et bien portants, comme c’est le cas – j’espère pour Anne, Branwell et Charlotte qui, tous les trois, sont en train de travailler loin de la maison.

mardi 11 juillet 2017

Nouveau brevet, quand la compétence se fait note

La plupart des établissements de France et de Navarre n’ont pas abandonné, malgré la forte pression du ministère, les notes. La plupart des professeurs de France et de Navarre se trouvent donc condamnés à la double tâche d’évaluer leurs élèves par des notes et par des compétences. Le nouveau brevet a parfaitement acté cette situation puisqu’il invite à évaluer les élèves à la fois par un système de validation des compétences, elle mêmes transformées par le miracle des conseils de classes – et les rectifications opérées par la hiérarchie – en… notes.

http://actualites.ecoledeslettres.fr/education/nouveau-brevet-competence-se-note/

Une vie de Maupassant - octobre 2016

Extrait de la préface :
Lorsqu’il publie Une vie en 1883, Maupassant a déjà derrière lui une carrière d’écrivain reconnu : il s’est fait une place dans le monde des lettres en faisant paraître des nouvelles dans les journaux, « La Main d’écorché » (1875) témoigne de son inclination pour le fantastique mais c’est avec « Boule de Suif » intégrée aux Soirées de Médan, recueil-manifeste de la jeune génération naturaliste, que Maupassant remporte son premier grand succès en 1880.
Succès immédiatement assombri. Alors que la nouvelle paraissait le 14 avril, le 8 mai, Flaubert, le maître révéré, le mentor admiré, le parrain littéraire, disparaissait, victime d’une hémorragie cérébrale. L’auteur de Madame Bovary qui avait assisté les débuts du jeune écrivain et vivement encouragé le projet d’Une vie ne verrait donc jamais le premier roman de son élève achevé.

Il faut dire que, bien vite, le projet avait semblé encombrer le jeune homme : en décembre 1877 c’était un Maupassant plein d’espoir qui communiquait le « plan de son roman » à Flaubert. Lequel se montrait enthousiaste puisqu’en janvier 1878 le romancier débutant pouvait, dans une lettre à sa mère, décrire la réaction du grand homme : « Ah ! oui cela est excellent, voilà un vrai roman, une vraie idée ! »

PJ Harvey and Ramy Essam - The Camp



 I saw children through a fence
Standing by blue canvas tents
I called to them, they move like ghosts
Gliding silent and remote

A girl who smiled was a straight lie
Looked like a creature out of time
 A grey boy burned by cigarettes
Pushed his scarred hands through the fence

When I turned, and tried to run
 I saw ten thousand children
Were laid in lines wrapped in white sheets
Along a godforsaken street

I prayed an angel from the clouds
Would free the children, free them, oh oh
I prayed and waited for an age
I waited but no angel came

J’ai vu des enfants derrière une clôture
Qui attendaient devant le bleu des tentes
Je les ai appelés, ils se meuvent comme les spectres
Dans le silence et la solitude

Le sourire d’une petite file, comme une créature
Hors du temps, n’était qu’un mensonge
Un garçon au teint jauni par le tabac
Tendait ses mains abîmées à travers la clôture

Quand j’ai tourné, tenté de courir
J’ai vu dix mille enfants
Etendus, alignés dans des draps blancs
Tout au long d’une rue paumée

 J'ai prié qu’un ange descende des nuages
Qu’il libère les enfants, libérez-les, oh oh
J'ai prié et j'ai attendu une éternité
J'ai attendu mais aucun ange n'est venu

vendredi 7 juillet 2017

Collège 2017, le retour du bon sens?

La réforme des collèges a-t-elle vécu ? Il semblerait que ce soit le cas et les collègues qui s’en plaignent ne devraient pas être pléthore. La réduction des EPI est une bonne nouvelle, elle a engendré des heures de concertations stériles, des projets qui n’ont enthousiasmé que leurs initiateurs et se sont achevés dans une indifférence générale révélatrice. http://actualites.ecoledeslettres.fr/education/college-2017-retour-sens/

dimanche 11 juin 2017

"The night wind" d'Emily Brontë

In summer's mellow midnight 
A cloudless moon shone through 
The open parlour window 
And rose trees wet with dew – 

 I sat in silent musing - 
The soft wind waved my hair 
I told me heaven was glorious 
And sleeping earth was fair - 

 I needed not its breathing 
To bring such thoughts to me 
But still it whispered lowly 
How dark the woods will be ! - 

The thick leaves in my murmur 
Are rustling like a dream 
And all their myriad voices 
Instinct with spirit seem 

I said go gently singer 
Thy wooing voice is kind 
But do not think its music 
Has power to reach my mind 

 Play with the scented flower 
The young tree's supple bough 
And leave my human feelings 
In their own course to flow 

The wanderer would not leave me 
Its kiss grew warmer still 
Oh come it sighed so sweetly 
I'll win thee 'gainst thy will 

Have we not been from childhood friends? 
Have I not loved thee long? 
As long as though has't loved the night 
Whose silence wakes my song 

And when thy heart is laid at rest 
Beneath the church yard stone 
I shall have time no more to mourn 
And thou to be alone

Dans les langoureuses nuits d’été,
Sans ombrage, la lune scintillait
Par la fenêtre ouverte du salon
Et les rosiers humides de rosée –

Assise, je songeais en silence –
Le vent qui jouait dans mes cheveux
Me révélait la splendeur des cieux
Et la beauté de la terre assoupie –

Il ne m’était nul besoin de son souffle
Pour cultiver de telles réflexions
Mais doucement, il murmurait encore :
« Combien les bois vont s’assombrir -

« Les feuillages épais sous mes murmures
Se mettent à bruire comme en un rêve
Et les myriades de leurs voix semblent
Révéler les instincts d’une âme »

J’ai dit « va-t-en gentil chanteur
Ta voix enjôleuse est charmante
Mais ne va pas croire que sa musique
Ait le pouvoir de gagner mon esprit -

« Joue avec la fleur aux mille senteurs,
Avec les branches de l’arbre juvénile –
Et laisse mon humanité
Suivre le cours de ses sentiments. »

Le vagabond ne m’aurait pas quittée
Son baiser s’est fait plus pressant encore
Oh viens soupirait-il si gentiment
Que tu le veuilles ou non tu sera mienne

Ne sommes nous pas amis depuis l’enfance ?
Ne t’ai-je pas aimée tout ce temps ?
D’aussi longtemps que tu aimes la nuit
Dont le silence éveille ma chanson

Et quand ton cœur résidant au repos,
Sous la lame près de l’église
J’aurais tout le temps de me plaindre
Et toi de goûter ta solitude.

Emily Brontë, Poems, 1850.

Ill. Isabelle Adjani dans le rôle d'E. Brontë, (Les Soeurs Brontë d'A. Téchiné, 1979)

vendredi 17 mars 2017

Les "Belles" des cours de récéréation

La Belle et la bête, la dernière production Disney, avec Emma Watson dans le rôle titre, est un remake du dessin animé de 1991. Belle y était déjà une jeune femme un peu marginale mais volontaire, intelligente et courageuse. Emma Watson auréolée des exploits d'Hermione Granger vient encore renforcer cette détermination dans la différence.
Le personnage me fait penser à certaines de ces élèves qu'on rencontre dans nos classes, des jeunes filles souvent brillantes, qui aiment la lecture et ne se soucient que très peu des codes de la meute adolescentes. Elles vont leur chemin, en marge, un peu effrayées probablement, par cette course à une maturité sexuelle, qui n'est d'ailleurs bien souvent que bluff et hâblerie dans les cours de récréation.
Quelque chose en elles désire le vrai, la bête les effraie, comme elle effraie tout le monde. Mais elles veulent prendre le temps de reconnaître l'humain derrière l'animal. Elles sont souvent graves et ne jouent pas, elles s'apprêtent juste à réussir leur vie...