Révision

La plupart des articles (traductions exceptées) ont été révisés au cours de l'automne 2014, d'où certains anachronismes au regard de la date de publication.

dimanche 11 juin 2017

"The night wind" d'Emily Brontë

In summer's mellow midnight 
A cloudless moon shone through 
The open parlour window 
And rose trees wet with dew – 

 I sat in silent musing - 
The soft wind waved my hair 
I told me heaven was glorious 
And sleeping earth was fair - 

 I needed not its breathing 
To bring such thoughts to me 
But still it whispered lowly 
How dark the woods will be ! - 

The thick leaves in my murmur 
Are rustling like a dream 
And all their myriad voices 
Instinct with spirit seem 

I said go gently singer 
Thy wooing voice is kind 
But do not think its music 
Has power to reach my mind 

 Play with the scented flower 
The young tree's supple bough 
And leave my human feelings 
In their own course to flow 

The wanderer would not leave me 
Its kiss grew warmer still 
Oh come it sighed so sweetly 
I'll win thee 'gainst thy will 

Have we not been from childhood friends? 
Have I not loved thee long? 
As long as though has't loved the night 
Whose silence wakes my song 

And when thy heart is laid at rest 
Beneath the church yard stone 
I shall have time no more to mourn 
And thou to be alone

Dans les langoureuses nuits d’été,
Sans ombrage, la lune scintillait
Par la fenêtre ouverte du salon
Et les rosiers humides de rosée –

Assise, je songeais en silence –
Le vent qui jouait dans mes cheveux
Me révélait la splendeur des cieux
Et la beauté de la terre assoupie –

Il ne m’était nul besoin de son souffle
Pour cultiver de telles réflexions
Mais doucement, il murmurait encore :
« Combien les bois vont s’assombrir -

« Les feuillages épais sous mes murmures
Se mettent à bruire comme en un rêve
Et les myriades de leurs voix semblent
Révéler les instincts d’une âme »

J’ai dit « va-t-en gentil chanteur
Ta voix enjôleuse est charmante
Mais ne va pas croire que sa musique
Ait le pouvoir de gagner mon esprit -

« Joue avec la fleur aux mille senteurs,
Avec les branches de l’arbre juvénile –
Et laisse mon humanité
Suivre le cours de ses sentiments. »

Le vagabond ne m’aurait pas quittée
Son baiser s’est fait plus pressant encore
Oh viens soupirait-il si gentiment
Que tu le veuilles ou non tu sera mienne

Ne sommes nous pas amis depuis l’enfance ?
Ne t’ai-je pas aimée tout ce temps ?
D’aussi longtemps que tu aimes la nuit
Dont le silence éveille ma chanson

Et quand ton cœur résidant au repos,
Sous la lame près de l’église
J’aurais tout le temps de me plaindre
Et toi de goûter ta solitude.

Emily Brontë, Poems, 1850.

Ill. Isabelle Adjani dans le rôle d'E. Brontë, (Les Soeurs Brontë d'A. Téchiné, 1979)